Tiens, dis donc, encore un disque de metal prog’. Ce courant ne deviendrait-il point la mode des nouveaux kids « In » ? Quoi qu'il en soit, ce groupe-ci, en plus de se revendiquer power-progressive metal et de proposer un artwork pour le moins aguichant, n'en est pas à son coup d'essai. FrAme est en effet le septième album des Italiens de DGM.
Quand on pense à Metal Progressif (power ou pas d'ailleurs), on pense forcément à Dream Theater, le géant qui a popularisé le style partout dans le monde. Souvent copié, rarement égalé, le groupe est l'incarnation des qualités et des défauts d'un style finalement très codifié. Et DGM, malgré quelques évolutions forcées, se plie très consciencieusement à ces codes.
On a des synthés très kitchs qui sont étalés sans honte (« Hereafter »), des solos impressionnants de technicité et des changements d'ambiances, de rythmes et de tonalités à tout va. Mais, car il y a bien sûr un mais, DGM ne va pas aussi loin que le théâtre du rêve, et ce n'est pas forcément un mal. Le groupe fait preuve d'une mesure bienvenue et évite, ou tout du moins retarde, le principal écueil du metal prog’ (voir du prog’ en général) : la lassitude. En effet, si la musique peut impressionner au début, elle devient vite très répétitive pour l'auditeur lambda et passe parfois plus pour une démonstration technique que pour une œuvre venue de l'âme torturée du musicien.
La musique des italiens étant bien plus accessible (tous les éléments cités précédemment sont présents, prog’ oblige, mais en quantités bien plus raisonnables), elle est aussi beaucoup plus écoutable pour toute oreille allergique à la frime instrumentale à outrance.
L'album est assez long, il contient onze pistes pour la plupart de durées comprises entre 4 et 5 minutes. Le groupe a également tenté quelques incursions de métal symphoniques (« Trapped... ») qu'on pourrait imaginer d'un goût douteux mais qui passent finalement très bien. La voix est dans la lignée du maître : expressive, lyrique et passionnée à outrance quoique que beaucoup moins criarde (ouf). Un très bon point : on évite la ballade gerbante de mièvrerie sucrée. Ça paraît anecdotique, mais qu'est ce que ça fait du bien.
VERDICT :
Voilà un disque qui ravira les amateurs du genre mais pourra également plaire à des oreilles encore saines. Que cela soit tenu pour dit : le groupe n'invente rien, mais alors rien. Mais il exécute avec brio et un minimum de bon goût (tss) les canons du genre et mérite bien une écoute. Si vous cherchez la quintessence du genre (mais avez ses défauts criants), allez plutôt voir du côté de Scenes From A Memory, par exemple.