Un dix-huitième album, voilà qui n'est pas rien. Enfin, on ne peut pas dire non plus que ce soit un exercice plus périlleux que les quatorze derniers. Quoiqu'il en soit, Saxon nous gratifie ici d'une nouvelle sortie, Into The Labyrinth, pour le plus grand bonheur des hardos/metalleux (non-allergiques au heavy).
L'album navigue entre hard rock et heavy metal, avec tout ce que cela implique. On va donc retrouver avec joie (ou tristesse, selon les goûts) les riffs saignants de rigueur accompagnés de passages groovy, de solos impressionnants, d'une voix très « old school » et de puissants refrains calibrés pour devenir de parfaits hymnes de stades.
N'allez surtout pas écouter ce disque en espérant y trouver une quelconque originalité car, mis à part une intro qu'on pourrait presque imaginer en musique de film (« Batallions Of Steel ») et quelques minuscules tentatives électroniques (« Live To Rock »), l'album n'ira jamais plus loin en termes d'expérimentation, bien qu'on puisse remarquer deux sympathiques mais trop courts interludes.
Ce manque certain et assumé de prise de risques ne fait pas pour autant d'Into The Labyrinth un mauvais disque. En effet, à l'instar d'autres vieux briscard tels qu'Iron Maiden ou AC/DC, malgré tous les aprioris négatifs qu'on peut facilement entretenir vis-à-vis d'une musique qui devient maintenant très kitsch, on ne peut en nier l'efficacité. Le mythe du « guitar hero » chevelu se trémoussant sur scène a encore de beaux jours devant lui, notamment grâce à des albums comme celui-ci qui sont parfaits pour se préparer au succès devant sa glace de salle de bain (ne faites pas les innocents).
Contrairement à de nombreux jeunes groupes se complaisant dans leur manque d'évolution flagrant, ces anciens rockeurs ont une telle facilité à balancer des riffs efficaces à la figure de l'auditeur qu'il ne peut s'empêcher de taper du pied. Ces caractéristiques, additionnées à leur manque d'ambition (ne comptez pas sur eux pour révolutionner la scène musicale, faut pas déconner non plus), font qu'on leur pardonne beaucoup plus facilement leur stagnation.
VERDICT :
Cet album n'est pas une bonne surprise, car de surprise il n'est en rien question. Il est malgré tout extrêmement efficace, agréable et on sent à l'écoute que les musiciens prennent plaisir à jouer leur style de prédilection, ce qui finalement est bien le plus important. Allez, retournez à vos guitares les enfants, y'a encore du boulot.