Eh oui, No One’s Words d’Ephrat pourrait se vendre remarquablement bien au marché du néo-prog.
Mais si, vous savez ! ce savant mélange tendance entre rock, pop, métal, électro et parfois même psychédélisme. Pour tout amateur de ce noble style, voilà un album pour le moins alléchant. Produit par le génial Steven Wilson (Porcupine Tree) et comportant des invités prestigieux tels que Daniel Gildenlöw (Pain Of Salvation) et Petronella Nettermalm (Paatos), ce disque semble tout désigné pour être l'excellente entrée en matière d'un non moins excellent groupe.
Composé uniquement de 6 pistes, l'album est très dense, les durées allant de 5 minutes pour la plus courte instrumentale à 19 minutes pour l'ambitieuse chanson épique de tout bon album prog qui se respecte. L'album rentre parfaitement dans les critères difficiles du progressif de qualité. On navigue entre passages atmosphériques, splendides mélodies, riffs saignants et envolées majestueuses. N'importe quel fan des groupes précités trouvera facilement son compte avec No One’s Words, tous les éléments indispensables étant réunis sans aucune fausse note. Tant est si bien qu'on n'est pas loin d'une sorte de jolie synthèse du genre.
Le groupe joue bien, les compositions sont bien ficelées, les invités sont excellents mais il manque ce petit grain de folie qui fait d'un album bien-mais-sans-plus un vrai chef d'œuvre.
L'ombre de Wilson pèse de tout son poids sur le disque, on retrouve beaucoup du récent [grasPorcupine Tree ici (Fear Of A Bank Planet, ndlr), que ce soit dans les mélodies, les sonorités, les arrangements ou les structures. On sent aussi des relents de Dream Theater dans certains riffs ou passages un peu trop grandiloquents pour tenir uniquement de Wilson mais rassurez-vous, on n'est pas non plus dans la branlette de manche (de guitare).
Il manque en fait un petit quelque chose pour différencier le groupe de leurs nombreux confrères progueux actuels. On ressent pourtant quelques onces d'originalité au détour de certaines pistes (par exemple sur la fin de « The Show » ou le début de « Real »), mais rien de suffisamment poussé pour donner un caractère général à l'album.
VERDICT :
Vous êtes amateur éclairé de rock néo-progressif ? Foncez, vous ne le regretterez pas !
Vous ne connaissez pas ou souhaitez une porte d'entrée vers ce sympathique style ? Cet album pourrait fort bien faire l'affaire, bien que les ténors du genre soient aussi conseillés.
Vous cherchez de l'originalité dans l'originalité, de la folie, de la spontanéité ? Oula, grand fou, va.
Vous êtes allergiques à ce que vous considérez comme de la musique de frimeurs insensibles au vrai sens du rock n'roll ? Passez votre chemin et retournez dans votre grotte, primate !
Vous voulez simplement passer un bon moment à écouter de la bonne musique, même si elle ne révolutionne pas le mignon microcosme progressif ? Bon choix, ma p'tite dame, vous n’allez sûrement pas regrettez votre choix. Et avec ça, vous prendrez ?